Bruno Callens Recherches Généalogiques

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jeudi, février 18 2010

Petites notions utiles sur les calendriers...

La plupart des généalogistes sont ou seront confrontés à deux calendriers, notre calendrier actuel et le calendrier révolutionnaire. Les plus chanceux auront peut-être affaire au  calendrier " julien" encore que bien souvent les actes de cette époque (16ème siècle)  sont très imprécis et ne sont pas toujours exprimés par une date mais plutôt par une fête religieuse.

Les calendriers offrent tous un point de départ, fondés sur des faits historiques ou non, en tout cas, sur des faits perçus comme importants.

A l'origine, le calendrier romain  avait pour point de départ la date présumée de la fondation de Rome (elle-même légendaire), en 476 avant Jésus Christ ; au VIème siècle de notre ère on substitua à ce point de départ la date de naissance du Christ qui  fonde le départ de l'ère chrétienne. Le calendrier musulman (ou hégirien)  se donne lui  pour point de départ l'hégire (la fuite ou la retraite de Mahomet de la Mecque à Médine) qui correspond au 16 juillet 622 du calendrier Grégorien.

Le calendrier romain fit l'objet d'une réforme importante menée par  Jules César en 45 avant Jésus-Christ. C'est la raison pour laquelle on l'identifie souvent le nom de  "calendrier julien".

En effet, afin de faire coïncider division en années et en jours, la durée de l'année étant approximativement de 365 jours et un quart, il avait introduit avant les calendes de mars un jour supplémentaire (bis-sextus : le deuxième sixième jour) une année sur quatre (dans notre calendrier, un jour supplémentaire au mois de février qui compte normalement 28 jours.)

Le problème est qu'en réalité la durée de l'année est un peu inférieure à 365 jours et un quart (très exactement 365 jours 5 heures 48 minutes 46 secondes) ; et  c'est au 16ème siècle que l'on s' aperçut  que  l'année conventionnelle avait pris un important retard sur l'année astronomique (l'année astronomique étant définie comme la durée qui sépare deux levers du soleil au même point de l'horizon, correspondant à un tout complet de la Terre autour du Soleil.)

C'est ainsi que le calendrier "grégorien" fut substitué au calendrier "julien" du nom du pape Grégoire XIII auteur de la réforme en 1582 (ce calendrier est utilisé en France depuis le 9 décembre 1582).

Le calendrier fut avancé de 10 jours ; bref, le 9 décembre 1582 fut immédiatement suivi du 20 décembre 1582. Et désormais, afin d'éviter que ce retard ne réapparût, on décida de supprimer une fois par siècle, trois siècles sur quatre, une année bissextile.

Les Chrétiens orthodoxes ou orientaux ont gardé le calendrier julien et la Russie l'a gardé jusqu'en 1918, ce qui explique le décalage ; c'est ainsi que la Révolution d'Octobre (le 24 octobre 1917 du calendrier Julien)  eut lieu le 7 novembre de notre calendrier.

Quant au calendrier révolutionnaire, son utilisation fut assez courte. Il fut établi par décret de la Convention du 4 frimaire an 2 (24 novembre 1793) et abandonné par Napoléon le 1 janvier 1806, la République n'existant plus depuis 1804. Il fut l' oeuvre de Gilbert Romme et de quelques astronomes.

L'année de ce calendrier débutait à l'équinoxe d'automne le 22 septembre, premier jour également de l'ère républicaine, la royauté étant abolie et la République proclamée  à la première séance de la Convention le 21 septembre 1792.

L'année était alors partagée en 12 mois de 30 jours chacun, plus 5 jours (ou 6 pour les années bissextiles) complémentaires appelés les jours sans-culottides, consacrés aux fêtes républicaines et placés entre le dernier jour de fructidor et le 1er vendémiaire.

Ces mois portaient des noms poétiques évoquant une caractéristique des saisons auxquelles ils se rapportaient (vendémiaire, brumaire et frimaire ; respectivement mois des vendanges, des brumes et des frimas).

Le mois était partagé en trois dizaines de jours (appelés décades) dont le nom issu du latin ou du grec suivait l'ordre de la numération : primidi, duodi, tridi, quartidi, quintidi, sexitidi, octidi, nonidi, decadi (jour chômé à la place du Dimanche.)

Quelques rappels pour terminer :

Le calendrier commence en l'an 1 (il n'y a jamais eu d'année 0 !). Le premier siècle commence en l'an 1 et se termine avec la fin de l'année 100. De même le premier millénaire se termine le 31 décembre de l'an 1000.

Les années "séculaires" (c'est-à-dire celles qui commencent par deux  zéros) appartiennent au siècle qui précède ; à l'exception de cette année-là, le numéro d'ordre d'un siècle se calcule en ajoutant une unité au nombre de centaines de l'année considérée.

Pour prendre un exemple, 1789 se situe au 18ème siècle ; 1994 au 20ème siècle. La même chose vaut pour les millénaires : le 3ème millénaire avant notre ère commence en l'an 3000 avant JC et comprend toutes les années ayant pour chiffre de milliers le chiffre 2 (2999, 2998 et ainsi de suite jusque 2001 ; avec l'an 2000 avant JC commence le deuxième millénaire.

lundi, mai 10 2010

Internet et le "pillage" des données généalogiques (1)

On voit de temps à autre sur les forums de discussion des généalogistes se plaindre du "pillage" de leurs données par des internautes qu'ils jugent "indélicats".

Une telle attitude trahit, à mon sens, une méconnaissance de ce qu'est ou de ce que devrait être la généalogie.

Les informations que nous trouvons dans les registres de l'Etat-civil ou les registres paroissiaux (nom, prénoms, dates de naissance, mariage(s) et filiation) ne sont en réalité que des données "brutes", des faits. Or, on ne saurait être propriétaire d'un fait.

Certes, ces informations ont pu faire l'objet de recherches approfondies et acharnées durant de nombreuses années. Mais, cela ne change rien à leur nature : ce ne seront toujours que des faits dont la compilation ne saurait suffire à faire oeuvre originale, seule digne d'être protégée . La circonstance qu'il s'agit du résultat d'un travail intellectuel est en l'occurrence indifférent, faute d'empreinte de la personnalité de son auteur.

La généalogie, c'est autre chose...La généalogie, c'est essentiellement faire oeuvre d'historien...

Au début des recherches, retrouver un ancêtre ayant vécu au milieu du 17ème siècle peut susciter une certaine euphorie, surtout s'il nous a donné du "fil à retordre" . Mais, à la longue, une certaine lassitude s'installe si on ne se contente que  d'un nom ou d'une date.

On ne se rend peut-être pas assez compte que derrière la personne dont nous notons le nom et la date de naissance se cache peut-être un personnage digne de Balzac ou de Victor Hugo.

Il n'est certes pas toujours facile d'identifier un destin digne de motiver une recherche particulière. La plupart du temps, aucun indice n'apparaît à la seule lecture d'un acte de l'Etat Civil . Mais, cela arrive, comme l'illustrent les deux personnages déjà évoqués sur ce blog : Pierre Joseph Declerck, condamné à "20 années de fer" pour meurtre (l'information étant apparue dans l'acte de mariage de son fils) et Georges Wers, dont la profession (chirurgien-major) nous a été révélée par l'acte de sépulture de son épouse.

C'est à ce stade que la véritable recherche apparaît : ce sont des vies entières qu'il nous faut reconstituer, vies qu'il nous faut replacer à une époque où  les conditions de vie, les mentalités, le contexte politique étaient très différents du nôtre. Il nous faut comprendre l'évolution des patrimoines, le pourquoi et le comment des revers de fortune, le pourquoi et le comment de certaines stratégies matrimoniales...

Bref, ce sont des recherches d'une toute autre nature qu'il nous faut mener, recherches qui doivent nous permettre de faire, véritablement, oeuvre originale.