mercredi, mars 16 2011

L'obituaire de l'abbaye d'Eeckhoute à Bruges

Un document intéressant que je signale et qui m'a permis de trouver certaines indications utiles : Obituaire de l'abbaye d'eeckhoute à Bruges.

samedi, mars 5 2011

Les corporations à Bruges - Tableau des corps de métiers

Cette liste est utile pour déterminer, pour certains métiers, la corporation de rattachement

Cette liste est accessible ici : Tableau des corps de métiers à Bruges et leurs catégories

vendredi, mars 4 2011

Une liste des épiciers droguistes et apothicaires aux 16, 17 et 18ème siècles à Bruges



Voici le lien qui mène à cette liste que l'on trouve dans l'ouvrage d'Isaac Joseph De Meyer "Origine des apothicaires de Bruges" (1864)


Liste des épiciers droguistes et apothicaires aux 16, 17 et 18ème siècles à Bruges

lundi, février 28 2011

Une enquête judiciaire sur une fraude électorale présumée à Bruges en 1863

En généalogie, assez souvent, le problème est d'identifier les archives susceptibles de nous intéresser.

Quelquefois, via internet, on peut trouver des éléments d'information dans des documents auxquels on ne pense pas d'emblée faute de savoir s'ils peuvent ou non contenir des indications intéressantes. Pourtant le hasard peut bien faire les choses.

C'est ainsi que j'ai découvert récemment dans des documents parlementaires plusieurs centaines de pages (le document complet fait 1200 pages) de procès-verbaux concernant une fraude électorale qui eut lieu à Bruges lors des élections du 9 juin 1863 (Recueil des pièces imprimées par ordre de la Chambre des Représentants - session de 1863-1864 - tome 1- n° 1 à 9 - Bruxelles 1864).

Une enquête judiciaire avait  été diligentée à cette occasion et de nombreux habitants de Bruges furent auditionnés.

Les procès verbaux d'audition contiennent des détails qui peuvent permettre d'en savoir plus sur ces personnes.

On y trouve aussi plusieurs listes d'électeurs...

Voir aussi : Documents parlementaires de Belgique- Session législative de 1863-1864 - Chambre des représentants - Bruxelles - 1864. On peut y trouver une copie du rapport  rédigé à l'occasion de cette affaire.

jeudi, octobre 14 2010

Des logiciels de généalogie qui n'évoluent plus...

Depuis quelques temps, je constate avec beaucoup d'amertume l'absence d'évolution majeure des logiciels de généalogie libres ou non, payants ou non.

Tous sont fondés sur une conception obsolète de la généalogie (sauf Gramps peut-être) dans la mesure où leur objet est surtout de gérer des collections d'individus avec un nombre restreint d'informations les concernant.

Or, les logiciels devraient être conçus avant tout pour gérer les évènements qu'ont pu vivre nos ancêtres, les évènements qui les concernent directement bien évidemment mais également les évènements historiques dont ils ont pu être témoins ou qu'ils ont pu vivre personnellement.

Les seuls évènements relativement bien pris en compte aujourd'hui sont très réduits en nombre : ce sont les évènements "de base" : naissance, baptême, mariage, décès...

Le reste est pratiquement ignoré...Comment gérer dans le détail , si ce n'est que via des notes, des évènements tels que des campagnes militaires, des condamnations pénales...?

Le gedcom 5.5 (rappelons que le gedcom est censé être une norme de stockage et d'échange d'informations, un "standard", ce qu'il n'est malheureusement pas) ne gère pas ou mal les évènements autres que les naissances, mariages ou décès. Si bien qu'à supposer même où un logiciel soit prévu pour prendre en compte un évènement  tel qu'une campagne militaire et permettrait de détailler de façon plus générale le passé militaire d'un de nos ancêtres (affectations, blessures, batailles menées etc), il ne serait pas exporté via le gedcom 5.5 autrement que par les notes et les informations ne pourraient pas être exploitées via un autre logiciel. C'est en cela que je pense que l'obsolescence du gedcom 5.5 "bride" le développement futur des logiciels fondés surtout sur la gestion des événements.

Il faut le dire et le redire : la généalogie, ce n'est pas une collection d'individus ou en tout cas, n'est pas qu'une collection d'individus.

D'ailleurs, grâce à Internet et à la formidable mutualisation des données qu'il permet, tout ce qui "trouvable" et "reconstituable"  via les registres d'Etat-Civil ou les registres paroissiaux  (c'est-à-dire les données de base : dates essentielles : naissance, mariage, décès, les liens qui unissent les individus) est ou va être consultable par tout un chacun et ce probablement à très court terme maintenant . 

Et plus on s'enfonce dans le temps, plus on partage nos ancêtres...

De ce fait, un chercheur commençant sa généalogie aujourd'hui, dès lors qu'il aura dépassé quelques générations pourra trouver très rapidement les données qui lui manquent tout simplement parce que les ancêtres concernés le sont également pour d'autres . Et il y a de fortes chances que la recherche consistant à identifier les individus a déjà été faite. Pourquoi refaire le travail déjà effectué ?

Le but de la généalogie, n'est  pas de collectionner des ancêtres comme je le disais déjà dans le précédent billet . L'objet de la généalogie, c'est s'intéresser avant tout à eux bien au-delà d'un simple nom ou d'une simple d'une date de naissance...On ne le dira jamais assez.

 

 

lundi, mai 10 2010

Internet et le "pillage" des données généalogiques (1)

On voit de temps à autre sur les forums de discussion des généalogistes se plaindre du "pillage" de leurs données par des internautes qu'ils jugent "indélicats".

Une telle attitude trahit, à mon sens, une méconnaissance de ce qu'est ou de ce que devrait être la généalogie.

Les informations que nous trouvons dans les registres de l'Etat-civil ou les registres paroissiaux (nom, prénoms, dates de naissance, mariage(s) et filiation) ne sont en réalité que des données "brutes", des faits. Or, on ne saurait être propriétaire d'un fait.

Certes, ces informations ont pu faire l'objet de recherches approfondies et acharnées durant de nombreuses années. Mais, cela ne change rien à leur nature : ce ne seront toujours que des faits dont la compilation ne saurait suffire à faire oeuvre originale, seule digne d'être protégée . La circonstance qu'il s'agit du résultat d'un travail intellectuel est en l'occurrence indifférent, faute d'empreinte de la personnalité de son auteur.

La généalogie, c'est autre chose...La généalogie, c'est essentiellement faire oeuvre d'historien...

Au début des recherches, retrouver un ancêtre ayant vécu au milieu du 17ème siècle peut susciter une certaine euphorie, surtout s'il nous a donné du "fil à retordre" . Mais, à la longue, une certaine lassitude s'installe si on ne se contente que  d'un nom ou d'une date.

On ne se rend peut-être pas assez compte que derrière la personne dont nous notons le nom et la date de naissance se cache peut-être un personnage digne de Balzac ou de Victor Hugo.

Il n'est certes pas toujours facile d'identifier un destin digne de motiver une recherche particulière. La plupart du temps, aucun indice n'apparaît à la seule lecture d'un acte de l'Etat Civil . Mais, cela arrive, comme l'illustrent les deux personnages déjà évoqués sur ce blog : Pierre Joseph Declerck, condamné à "20 années de fer" pour meurtre (l'information étant apparue dans l'acte de mariage de son fils) et Georges Wers, dont la profession (chirurgien-major) nous a été révélée par l'acte de sépulture de son épouse.

C'est à ce stade que la véritable recherche apparaît : ce sont des vies entières qu'il nous faut reconstituer, vies qu'il nous faut replacer à une époque où  les conditions de vie, les mentalités, le contexte politique étaient très différents du nôtre. Il nous faut comprendre l'évolution des patrimoines, le pourquoi et le comment des revers de fortune, le pourquoi et le comment de certaines stratégies matrimoniales...

Bref, ce sont des recherches d'une toute autre nature qu'il nous faut mener, recherches qui doivent nous permettre de faire, véritablement, oeuvre originale.

jeudi, février 18 2010

Petites notions utiles sur les calendriers...

La plupart des généalogistes sont ou seront confrontés à deux calendriers, notre calendrier actuel et le calendrier révolutionnaire. Les plus chanceux auront peut-être affaire au  calendrier " julien" encore que bien souvent les actes de cette époque (16ème siècle)  sont très imprécis et ne sont pas toujours exprimés par une date mais plutôt par une fête religieuse.

Les calendriers offrent tous un point de départ, fondés sur des faits historiques ou non, en tout cas, sur des faits perçus comme importants.

A l'origine, le calendrier romain  avait pour point de départ la date présumée de la fondation de Rome (elle-même légendaire), en 476 avant Jésus Christ ; au VIème siècle de notre ère on substitua à ce point de départ la date de naissance du Christ qui  fonde le départ de l'ère chrétienne. Le calendrier musulman (ou hégirien)  se donne lui  pour point de départ l'hégire (la fuite ou la retraite de Mahomet de la Mecque à Médine) qui correspond au 16 juillet 622 du calendrier Grégorien.

Le calendrier romain fit l'objet d'une réforme importante menée par  Jules César en 45 avant Jésus-Christ. C'est la raison pour laquelle on l'identifie souvent le nom de  "calendrier julien".

En effet, afin de faire coïncider division en années et en jours, la durée de l'année étant approximativement de 365 jours et un quart, il avait introduit avant les calendes de mars un jour supplémentaire (bis-sextus : le deuxième sixième jour) une année sur quatre (dans notre calendrier, un jour supplémentaire au mois de février qui compte normalement 28 jours.)

Le problème est qu'en réalité la durée de l'année est un peu inférieure à 365 jours et un quart (très exactement 365 jours 5 heures 48 minutes 46 secondes) ; et  c'est au 16ème siècle que l'on s' aperçut  que  l'année conventionnelle avait pris un important retard sur l'année astronomique (l'année astronomique étant définie comme la durée qui sépare deux levers du soleil au même point de l'horizon, correspondant à un tout complet de la Terre autour du Soleil.)

C'est ainsi que le calendrier "grégorien" fut substitué au calendrier "julien" du nom du pape Grégoire XIII auteur de la réforme en 1582 (ce calendrier est utilisé en France depuis le 9 décembre 1582).

Le calendrier fut avancé de 10 jours ; bref, le 9 décembre 1582 fut immédiatement suivi du 20 décembre 1582. Et désormais, afin d'éviter que ce retard ne réapparût, on décida de supprimer une fois par siècle, trois siècles sur quatre, une année bissextile.

Les Chrétiens orthodoxes ou orientaux ont gardé le calendrier julien et la Russie l'a gardé jusqu'en 1918, ce qui explique le décalage ; c'est ainsi que la Révolution d'Octobre (le 24 octobre 1917 du calendrier Julien)  eut lieu le 7 novembre de notre calendrier.

Quant au calendrier révolutionnaire, son utilisation fut assez courte. Il fut établi par décret de la Convention du 4 frimaire an 2 (24 novembre 1793) et abandonné par Napoléon le 1 janvier 1806, la République n'existant plus depuis 1804. Il fut l' oeuvre de Gilbert Romme et de quelques astronomes.

L'année de ce calendrier débutait à l'équinoxe d'automne le 22 septembre, premier jour également de l'ère républicaine, la royauté étant abolie et la République proclamée  à la première séance de la Convention le 21 septembre 1792.

L'année était alors partagée en 12 mois de 30 jours chacun, plus 5 jours (ou 6 pour les années bissextiles) complémentaires appelés les jours sans-culottides, consacrés aux fêtes républicaines et placés entre le dernier jour de fructidor et le 1er vendémiaire.

Ces mois portaient des noms poétiques évoquant une caractéristique des saisons auxquelles ils se rapportaient (vendémiaire, brumaire et frimaire ; respectivement mois des vendanges, des brumes et des frimas).

Le mois était partagé en trois dizaines de jours (appelés décades) dont le nom issu du latin ou du grec suivait l'ordre de la numération : primidi, duodi, tridi, quartidi, quintidi, sexitidi, octidi, nonidi, decadi (jour chômé à la place du Dimanche.)

Quelques rappels pour terminer :

Le calendrier commence en l'an 1 (il n'y a jamais eu d'année 0 !). Le premier siècle commence en l'an 1 et se termine avec la fin de l'année 100. De même le premier millénaire se termine le 31 décembre de l'an 1000.

Les années "séculaires" (c'est-à-dire celles qui commencent par deux  zéros) appartiennent au siècle qui précède ; à l'exception de cette année-là, le numéro d'ordre d'un siècle se calcule en ajoutant une unité au nombre de centaines de l'année considérée.

Pour prendre un exemple, 1789 se situe au 18ème siècle ; 1994 au 20ème siècle. La même chose vaut pour les millénaires : le 3ème millénaire avant notre ère commence en l'an 3000 avant JC et comprend toutes les années ayant pour chiffre de milliers le chiffre 2 (2999, 2998 et ainsi de suite jusque 2001 ; avec l'an 2000 avant JC commence le deuxième millénaire.

samedi, janvier 9 2010

Allard Caucheteux...Un arrentement à Chéreng (Nord)

Le document que je présente aujourd'hui a été trouvé par hasard aux Archives Départementales du Nord, dans un lot "fourre-tout" relatif à la commune de Chéreng  à quelques kilomètres de Lille, dans le Nord. 

Abstraction faite qu'il s'agit d'un de mes ancêtres, Il n'aurait guère d'intérêt s'il ne portait  la signature de la Princesse d'Espinoy (1664-1748).

Il s'agit d'un arrentement (acte par lequel il est pris ou donné à rente)  , acte  juridique assez courant sous l'Ancien Régime sur lequel nous n'en dirons pas plus aujourd'hui dans la mesure où plusieurs billets seront consacrés prochainement à ce mécanisme.

Cet arrentement porte sur un  "flégard" ; il s'agit d'un mot particulier à l'ancienne Flandre et qui désignait, selon le dictionnaire Littré, à la fois une" place commune,( un) grand chemin, (un) marché, (un) trottoir le long des rues." L'imprécision du mot fait que nous pouvons difficilement savoir de ce dont il s'agissait réellement, en l'espèce.

Le document est, à certains endroits en très mauvais état, ce qui en rend la lecture quelquefois difficile.

"Arrentement d'alard caucheteur de quinze verges d'heritaiges sur la S(eigneu)rie de montreuil a la charge de cinq livres par an de rente au profit de la recette de la baronnie de Cysoing fait en 1721

Texte se trouvant à haut à gauche (malheureusement très abimé)  : "Avis des officiers a cysoing le 17 octobre 1718 De madre . La presente requeste renvoie (no)stre avis nous estimons que c'est (au) profit de Monseigneur le Duc de Melun d'accorder au remontrant quinze verges de terre à charge pour luy  et ses successeurs paier (ann)uellement au profit de monseigneur cinquante patars double rente de relief a la mort de l'héritier sixieme denier à  la vente don ( ?) cession et transport et aux autres charges et servitudes  a quoy son assujetis les terres relevantes de la s(eigneu)rie de Montreuil  attendu que lesdits quinze verges sont infructueuses. Avisé ce 24 octobre 1718 . Signé De Madre dufay (?) michel wauquier - Veu au compte de cisoing de 1721.

"A Monseigneur le Duc de Melun, prince despinoy duc de joieuse pair de France conte de St-Pol  baron de chisoin seigneur de Montreuil empire en chéreng et autres.

Remontre tres humblement allard caucheteur marissal ferrant demeurant audit chereng, disant quil se trouve un flegard situe audit lieu entre la maison occupé par paul prevost et la veuve allard carpentier et joignant le chemin pavé de lille à tournay. Lequel flegard estant tenus et relevant de ladite seigneurie de montreuil pourquoy ledit remontrant souhaiterait larenter a perpétuité pour y batir des eddifices pour son utilité et comme il ne peut ce faire sans authorisation, c'est lesujet quil se retire vers vous monseigneur pour quil vous plaise luy accorder ledit flegard a titre d'arrentement a perpetuite pour reconnaissance de quoy il fait offre de paier chacune annee vers ladite seigneurie de Montreuil quarante patars esperant cette grace de vous monseigneur puisque cela ne doit embarasser personne et quau surplus il y  a eux encore autre fois des ediffices sur le meme flegard quoy faisant et (autres ?) ledit flegard contient quinze verges. Signé allard Caucheteux

Elisabeth de Lorraine Princesse d'espinoy fondée de procuration du Duc de Melun notre fils. Vu la presente req(ue)te et l'avis des officiers  nous accordons au suplian les quinze verges de terre don est question en arrentement perpetuel a la charge par lui de payer a la recette de cisoing cinquante patars de rente perpetuelle double  rente pour relief outre la courante a la mort de lheritier et de toutes les au(tres) charges les autres terres de montreuil  (dom ?) assujettis conformement audit avis a leffet de quoy  luy seront (illisible) toutes lettres sur ce necessaires  a paris ce 14 juillet 1719. Signé la Princesse d'Espinoy


 

L'an mil sept cens vingt et un par devant ( Sr ?)  Jaspard françois de madre,escuier, seigneur du Faye (?) bailly de la seigneurie de l'empire de montreuil en chereng es p(resen)ce de Michel Wauquier, antoine dubois et jean Lalloy  hommes de fiefs de lad(ide) seigneurie de montreuil est comparu ledit allard caucheteur lequel  at esté adherité vesty et saisy des quinze verges de terres mentionné a la requeste et apostille cy dessus pour en jouir luy et ses hoirs en arrentement perpetuelle aux charges (devises ?) et conditions ainsy mentionné à l'avis (et  à l'acte du 14 juillet 1719 ?) et apostille que dit et apres aussi que ledit caucheteur at affirmé que le susdit arrentement est pour son propre et nullement pour faire contourner au profit de gens de main-morte et au surplus tous devoirs et solemnités de loy (?), observe, informé (?)

Nous avons présenté quelques passages de l'acte (que l'on peut trouver en intégralité ici : 

http://doc.geneanet.org/actes/zoom.php?idacte=7229

Si des corrections peuvent y être apportées, n'hésitez pas à me contacter !

jeudi, décembre 17 2009

Le système monétaire sous l'Ancien Régime et au XIXème siècle

Frédéric Guillaume le Grand - Thaler - 1679On ne peut être que légitimement frappé par la complexité du système monétaire tel qu'il se présentait pour nos ancêtres.

Une des particularités remarquables de ce système monétaire était la distinction que l'on effectuait alors entre la monnaie de compte et la monnaie "réelle" telle qu'elle était utilisée dans la vie quotidienne, monnaie "réelle" matérialisée par des pièces métalliques.

Ce système monétaire, né à l'époque de Charlemagne dès la fin du VIIIème siècle,  devait perdurer jusqu'à la Révolution.

Les valeurs, telles que nous pouvons les constater par exemple dans un inventaire après  décès ou un contrat de mariage,  s'exprimaient alors en livres sols et deniers (monnaies de "compte") ,  tandis que les pièces de monnaie utilisées quotidiennement (monnaies "réelles"  se caractérisaient par une extrême diversité.

Il faut savoir que l'unité de compte était alors fondée sur un système duodécimal. En France, ce ne fut qu'à la Révolution Française que l'on y substitua le système décimal.

Ce système se basait sur la division bien connue en Livres (librae), sous (sols, solidi) et deniers (denarii) entre lesquels les rapports s'établissaient comme suit : une livre = 20 sous = 240 deniers.

La monnaie médiévale était une monnaie de type "métal".  En principe, l'or et l'argent étaient acceptés partout sauf que, pour les transactions courantes, il existait un très grand nombre de monnaies divisionnaires en métal "vil" comme le cuivre ou le plomb.

La pièce de monnaie pouvait être soit d'un métal déterminé (or, argent, cuivre...) soit d'un alliage (bronze : cuivre, étain, zinc), en billon (argent et cuivre avec prédominance du cuivre), ou encore cupronickel (cuivre et nickel).

Louis XVI Roi de France - Louis d'or de vingt-quatre livres - 1792

Ce que l'on appelait "monnaie noire"  (appelée ainsi parce qu'elle contenait plus de cuivre que d'argent) servait surtout de petite monnaie. Les "grosses dépenses" (achat de maison ou de terrain) étaient payées en or,  le salaire et le loyer étaient payés en argent, tandis que les dépenses quotidiennes (achat de pain par exemple ) l'étaient avec des pièces de cuivre.

Les monnaies en métal précieux (or et argent) étaient rarement composées de métal pur : la proportion de métal précieux et de matières d'appoint représentait le titre ou l'aloi.

Une monnaie trébuchante (que l'on retrouve dans la célèbre expression "monnaie sonnante et trébuchante" pour désigner l'argent liquide) était une monnaie correcte au regard du poids ; la vérification en était faite  grâce au  trébuchet ; le trébuchet était une balance dédiée à la pesée des monnaies.

A l'origine, le droit de frappe était un privilège régalien  reconnu et exercé par le souverain ; ce droit couvrait non seulement la frappe proprement dite mais aussi la gestion et l'exploitation des ateliers ainsi que la surveillance et la réglementation de la circulation monétaire.

Ce droit fut étendu ensuite pendant un temps à toute seigneurie, ville ou abbaye de quelque importance. La diversité des pièces en circulation était alors très importante.

Il existait bien  évidemment un rapport entre les deux types de monnaie, monnaie de compte et monnaie "réelle" mais ce rapport n'était pas intangible, loin s'en faut. Il existait d'ailleurs plusieurs moyens de dévaluer.

Une première méthode consistait à abaisser la teneur en métal des pièces et ce, de manière ostensible ; la seconde consistait en la modification officielle du rapport entre la monnaie de compte et les pièces. Cette pratique fut, comme on peut le supposer, fréquente.

Ferdinand II d'Aragon (1479-1516) Double Ducat d'or

Face aux abus engendrés par ce système, une réforme fut jugée nécessaire sous la Révolution ; le nouveau mécanisme mis alors en place devait se maintenir jusque vers 1914.

La frappe des métaux fut notamment déclarée libre, ce qui ne signifiait pas que les particuliers eurent le droit de transformer eux-mêmes en monnaie l'or et l'argent qu'ils possédaient ; cela désignait en réalité la faculté de présenter leurs lingots à l'Hôtel des Monnaies pour les faire frapper.

La distinction opérée jusqu' alors entre monnaie de compte et monnaie réelle disparut également, la loi de germinal an XI constatant leur identité. Le franc fut défini par un poids fixe de métal : cinq grammes d'argent au titre de 9/10ème de fin.

Le régime de la frappe libre permettait de garantir que l'unité monétaire ne s'altérait pas et l'assimilation de l'unité monétaire à un poids de métal déterminé connu d'avance était de nature à faciliter les relations monétaires internationales. Les rapports de valeur des monnaies nationales, faites d'un métal identique correspondaient nécessairement à leurs rapports de poids.

Mais les limites apparurent assez rapidement.

Ce régime existait pour deux métaux, l'or et l'argent (bimétallisme) et les pièces faites de l'une et de l'autre avaient force libératoire illimitée. Si le bimétallisme fut adopté par un grand nombre de pays européens (Italie, Belgique...), la Grande-Bretagne adopta quant à elle le principe du monométallisme en 1816.

Fluctuations du cours des métaux précieux, spéculations au cours du XIXème siècle eurent finalement raison du système bimétallique au profit d'un monométallisme or de fait. La frappe libre de l'argent fut supprimée en France en 1876. A partir de 1879, l'unité monétaire en France fut le franc-or de 322,5 mg d'or

L'abolition officielle du bimétallisme intervint en France par la loi du 25 juin 1928.

samedi, novembre 14 2009

Georges Wers - Un Chirurgien-Major à la veille de la bataille de Fontenoy

Bien souvent, les seuls actes tirés des registres paroissiaux ou de l'Etat Civil sont malheureusement, pour la plupart, assez avares d'informations, en tout cas insuffisamment pour pouvoir repérer les personnages qui ont ou qui ont pu, même à un niveau modeste, participer à un événement historique.

Heureusement, de temps à autre, il est possible d'avoir affaire à  des personnages qui excitent plus que d'autres la curiosité ; cela avait été le cas de Pierre Joseph Declerck ( il avait été fait état de sa condamnation dans l'acte de mariage d'un de ses fils ) et c'est également aujourd'hui le cas de Georges Wers, un autre de mes ancêtres.

Dans l'acte de sépulture de son épouse marie josephe Dubois  (reproduit ci-dessous) , on apprend en effet que ce dernier était "Chirurgien Major dans les canonniers hollandais" à Tournai ( Belgique) :

"L'An Mil sept cent quatre vingt neuf le neuf décembre à six heures et demie du matin, est morte à l'hôpital, Marie joseph Dubois (on ignore le lieu de sa naissance) et agée de soixante huit ans, veuve en premières noces de George Wers, Chirurgien Major dans les Canonniers Hollandais, en secondes de François Boitte, natif de Frasnes-Les-Buissenal et en troisièmes D'Antoine Landrieu de la paroisse de St-Brice laquelle fut inhumée le jour suivant dans le cimetière rural". 

Acte de sépulture de Marie Josephe Dubois en la paroisse St-Nicolas à Tournai (Hainaut - Belgique) le 9 décembre 1789

Qui était-il ? Que pouvons nous espérer apprendre sur lui ? Quelles sont les archives disponibles ?

On peut penser que Georges Wers  était protestant et on trouve des éléments en ce sens : peu avant son mariage avec Marie Joseph Dubois célébré en  l'Eglise St-Piat le 10 mai 1734 (mariage catholique donc- Il apparaît avec le nom de Weerts) , il est fait  mention dans les tables de l'Eglise Wallonne de la Barrière, d'un autre mariage célébré un peu plus tôt  le 23 avril 1734 (voir registre 366) d'un dénommé Jooris Wurtz (Jooris = Georges) et d'une dénommée Marie Josephe  Dubois.  Est-on en présence d'une sorte de mariage "mixte"  ? En tout cas, à mon avis, il doit s'agir du même couple....(Si quelqu'un dispose d'informations sur cette pratique qui peut surprendre, je suis preneur.)

Mariage de Georges We(e)r(t)s et de Marie Josephe Dubois en la paroisse St-Piat le 10 mai 1784 à Tournai (Hainaut - Belgique)

Le traité dit de la Barrière avait été signé entre la France de Louis XIV, l'Angleterre et la Hollande en 1713. Il accordait aux Hollandais le droit d'installer des garnisons dans un certain nombre de villes de la Belgique autrichienne pour former une "barrière" contre la France. Ces villes étaient : Charleroi  , Furnes, Gand, Menin, Mons, Namur,  Ypres et ...Tournai. Des églises protestantes, dites églises wallonnes ou églises de la Barrière y furent ainsi installées. De nombreux protestants français y vinrent d'ailleurs faire célébrer leur mariage puisqu'ils ne pouvaient pas le faire en France.

Mariage de Joris Wurtz et de Marie Josephe Dubois en l'Eglise Wallonne de la Barrière le 23 avril 1734 à Tournai (Hainaut - Belgique)

S'il s'agit du même couple, le véritable nom de Georges  pourrait être  Wûrtz et non Wers  ; et on sait que, de manière générale, les soldats étrangers en garnison voyaient leurs patronymes plus sujets à déformation que ceux des autochtones (et nous avons évoqué un autre cas : celui de la famille Ansaelens à Bruges) ; l'information peut s'avérer capitale pour la suite de la recherche. Etait-il seulement Hollandais en réalité ?

Jean François WERS, le seul enfant du couple repéré  est né en février 1745 quelques mois avant la bataille de Fontenoy (localité située à quelques kilomètres à peine) ; son acte de baptême est le dernier faisant mention de Georges...Tout semble indiquer que Georges Wers faisait partie de la garnison hollandaise de Tournai ; par contre, il est plus douteux qu'il ait participé  à cette  célèbre bataille ( au cours de laquelle aurait été prononcée la formule popularisée par Voltaire et que tout le monde connaît : "Messieurs les Anglais, tirez les premiers !".)

Marie Anne Joseph Dubois s'est quant à elle remariée avec François Boitte le 30 octobre 1752, ce qui nous permet de situer le décès de Georges entre février 1745 et octobre 1752. 

Mais, qu'est-il devenu ? Qui était-il ? D'où venait-il ?

La recherche continue...Bien évidemment toutes pistes de recherche et toute suggestion en ce sens sont les bienvenues...

dimanche, novembre 1 2009

Les déformations des patronymes - l'exemple du patronyme "ANSAELENS" à Bruges

Nous savons tous que les patronymes ont évolué au cours des siècles et que l'on peut rencontrer de très nombreuses variantes orthographiques d'un nom.

Les patronymes évoluent souvent d'un acte à un autre, selon leur rédacteur , selon la prononciation, à des époques où l'orthographe telle que nous la connaissons aujourd'hui, n'existait pas ; et il arrive souvent qu'un même nom de famille s'écrive de manière différente dans le même acte (quelquefois même pour désigner la même personne !).

Il ne faut donc pas s'arrêter à une orthographe. il faut aussi chercher des formes proches du même nom et raisonner en tenant particulièrement compte de la phonétique.

Nous avons choisi d'évoquer le nom ANSAELENS présent à Bruges

A priori, on croirait être en présence d'un patronyme typiquement flamand.

Nombreux sont en effet les noms de famille flamands se terminant en "ens" : "Maertens (fils de Martin) ; "Coppens" (fils de jacob) ; "Callens" (fils de catherine) ; "Rub(b)ens) (fils de Robert)...

En réalité, il n'en est rien et la recherche généalogique, du moins pour les "Ansaelens" d'origine brugeoise, permet de montrer que nous sommes en présence d'une déformation du très courant patronyme espagnol "Gonzales" et qui s'est peu à peu, "flamandisé".

Les déformations apparaissent en réalité assez rapidement : Au fur et à mesure que l'on s'enfonce dans le temps, Ansaelens devient  Onsalis et  Onsales pour finalement aboutir sur  une famille portant le patronyme de "Gonzales", témoin d'une presence espagnole à  Bruges à la fin du 17ème siècle (Ils disposaient d'ailleurs de registres paroissiaux propres).

L'expérience montre que ce sont les noms de famille des soldats étrangers des villes de garnison qui furent l'objet des déformations les plus importantes et cela se comprend ; dans certains cas, ils se confondirent même avec un patronyme local existant !

samedi, octobre 3 2009

Les pièges de la généalogie - Orthographes proches et homonymies

Les noms de famille peuvent être à l'origine de beaucoup de difficultés dans la recherche généalogique.

J'ai choisi d'évoquer un cas que j'ai rencontré dans ma propre ascendance et qui aurait pu poser problème.

Parmi mes ancêtres figure un couple Joannes VAN HOU et Rosalia VAN POUILLIE ; ils se sont mariés à Bruges (Belgique) le 18 novembre 1782 dans la paroisse de Ste-Anne. Lui était le fils de Franciscus et de Godeliva Victoria VUYKSTEKE ; elle, était la fille de Jacobus et de Clara DUPONT.

Or,  on peut trouver dans les mêmes registres paroissiaux, plus de trente ans plus tôt, le 4 mai 1749 , le mariage d'un dénommé Jacobus VAN HAN avec une (autre) Rosalia VAN POUILLIE. Lui était le fils de Guillelmus Bernardus et de Maria Theresa DEREU ; elle, était la fille de Joannes Carolus et de Maria MORRET.

Dans ce cas particulier, il était facile de ne pas  les confondre car les mariages des deux couples n'avait pas eu lieu à la même époque. Les maris, de surcroît, ne portaient pas le même prénom, mais sur ce point précis il faut savoir qu'il arrive souvent qu'une même personne soit identifiée par un prénom différent dans deux actes. En effet, beaucoup de gens possèdent plusieurs prénoms et les inversions sont fréquentes : Ainsi, une personne se prénommant Joannes Jacobus peut être désignée comme Joannes dans un acte et Jacobus dans un autre.

Mais, des problèmes auraient pu surgir dans l'hypothèse où deux couples  Joannes VAN HOU/Rosalia VAN POUILLIE  et Joannes VAN HAN/Rosalia VAN POUILLIE se seraient mariés dans les mêmes années et dans la même paroisse ( Et, en vérité, nous aurions également très bien pu avoir  les  mariages de deux couples  Joannes VAN HOU et Rosalia VAN POUILLIE , ce qui aurait été certes remarquable mais tout-à-fait possible).

Ces situations, plus fréquentes qu'on ne l'imagine, sont de nature à générer des difficultés concernant l'attribution des enfants, surtout si les familles étaient plus ou moins apparentées par un lien de cousinage, les parrains et marraines n'étant pas toujours susceptibles d'effectuer les bonnes "affectations" ; la difficulté aurait en l'occurrence été liée au fait qu'en écriture manuscrite le A et le O ainsi que le N et le U (VAN HAN - VAN HOU) auraient pu être aisément confondus ; on sait à quel point l'écriture des curés peut être détestable...

 D'où l'importance d'avoir le souci constant de "recouper" les informations en croisant des sources diverses...

vendredi, août 21 2009

L'amélioration du Gedcom - Le pari de l'exhaustivité ?

Un standard, par nature, doit être respecté par tous ce qui implique que ses spécifications ne doivent  pas être ambiguës comme cela l'est malheureusement avec le Gedcom 5.5.

Il doit tendre vers l'universalité c'est-à-dire  qu'il doit être utilisable en tous lieux et donc en tous pays et doit  être adapté, bien évidemment dans la mesure du possible, à tous les cas de figure.

Et surtout, il doit tendre vers l'exhaustivité quant aux informations à traiter.

Comme nous le savons tous, la généalogie ne saurait se limiter à une collection de "papillons morts" : Le généalogiste doit rapidement se muer en historien des familles. Un standard doit donc, dans la mesure du possible, pouvoir intégrer l'ensemble des informations susceptibles d'être prises en considération dans un dossier généalogique.

Le Gedcom 5.5 intègre certes un certain nombre de balises intéressantes. Malheureusement, ces dernières ne sont quasiment jamais exploitées et la plupart du temps, nombre d'informations importantes doivent être  consignées dans les notes. Je ne dis pas que tous les logiciels doivent nécessairement viser à  exploiter tous les informations éventuellement prévues par un standard comme le Gedcom ; mais, dans cette hypothèse, il serait souhaitable que les données issue d'un autre logiciel ne soient pas perdues à l'occasion d'une réexportation.

A mon sens, les informations susceptibles d' être intégrées dans un dossier généalogique  peuvent être classées en quatre catégories :

1) Les informations relatives au statut social de l'individu:

Par exemple (sans vouloir être exhaustif ):

<civilites></civilites> (Madame, Monsieur)
<blason></blason>
<decorations></decorations>
<titreNobiliaire></titreNobiliaire>
<titreUniversitaire></titreUniversitaire>
<nationalite></nationalite>

2) Les informations relatives aux activités de l'individu


Quelques exemples :

<activitesSyndicales></activitesSyndicales
<activitesPolitiques></activites_Politiques>
<loisirs></loisirs>
<profession></profession>

3) Les informations relatives aux événements de l'existence de l'individu


Ce sont bien évidemment les plus nombreuses : naissance, mariage, décès, inhumation, crémation mais pas exclusivement : retraite, service militaire...

S'agissant des événements de nature religieuse, il serait peut-être opportun de lier directement  religion et événements qui s'y rapportent et qui sont propres à celle-ci. Pour leur gestion dans les logiciels, on pourrait imaginer la mise en place d'une liste déroulante ; en fonction de la religion choisie, les événements qui s'y rattachent (liés le plus souvent à des rites)  seront automatiquement proposés au travers des champs adéquats. Dans le traitement xml, on pourrait peut-être, procéder de manière modulaire (un jeu de balises par religion), un peu à l'instar de ce que j'ai proposé s'agissant de la gestion des lieux.

4) Les informations relatives au patrimoine de l'individu


 Dans cette rubrique pourraient être regroupées les informations concernant les informations concernant par exemple les acquisitions immobilières, les héritages... Dans cette perspective, soulignons l'importance d'une balise <regimeMatrimonial></regimeMatrimonial>.

 Dans le gedcom 5.5 il y a certes les balises MARC (marr_contract) et MARS (marr_settlement)   mais elles ne sont jamais utilisées et les logiciels, de toute manière, n'intègrent malheureusement pas ce type d'information. L'indication du régime matrimonial des époux est pourtant nécessaire pour qui souhaite  étudier l'évolution d'un patrimoine au sein d'une famille et partant, expliquer certaines stratégies matrimoniales.Bien évidemment, toutes ces balises en appellent d'autres pour former des arborescences plus sophistiquées.

 En conclusion, je pense qu'il faudrait remettre les "choses à plat" d'autant que le xml pourrait probablement faciliter la gestion informatique des généalogies via des logiciels en ligne puisqu'il semble que ce soit la tendance dans un avenir plus ou moins proche.

samedi, août 8 2009

Les insuffisances du Gedcom 5.5 - La gestion des sources

La gestion des sources en Gedcom suscite des commentaires assez semblables... Ici encore, en Gedcom 5.5, nous ne disposons que d'un seul Tag : SOUR  et nous sommes confrontés, comme pour les lieux, à devoir gérer la diversité.

Un exemple :

0 @...@ INDI
1 NAME Prénom/PATRONYME/
1 SEX M
1 BIRT
2 DATE 22 FEB 1854
2 PLAC Brugge, 8000,West-Vlaanderen, BELGIQUE
2 SOUR @...@
1 DEAT
2 DATE 11 FEB 1777
2 PLAC Brugge,8000,West-Vlaanderen,BELGIQUE
2 SOUR @...@

0 @...@ SOUR définition de la référence de la source décrite
1 TITL titre ou désignation
1 ABBR abréviation pour tri ou classement
1 AUTH auteur ou rédacteur
1 REFN numéro ou référence de l'utilisateur
1 PUBL détails de publication date, lieu, ...


Convenons que les tags utilisés sont davantage adaptés à la gestion des livres d'une bibliothèque plutôt qu'à celle d'une liasse d'un notaire conservée dans un dépôt d'archives. De ce fait, ils sont peu clairs et sont susceptibles d'interprétations (trop) diverses.

Au départ, il y a une information dont on souhaiterait préciser l'origine et d'en indiquer donc les références.

Il convient ici de faire remarquer que toute information, même la plus élémentaire, "basique" peut faire l'objet de la mention d'une source. Par ailleurs, une source peut être n'importe quel document  ou n'importe quelle personne.

S'agissant d'une source écrite, le mieux serait peut-être de distinguer la nature du document  du support de celui-ci  avec un système de double cote, à savoir la localisation d'une information à l'intérieur du document (exemple : folio d'un registre paroissial) et la localisation du support  (ce qui implique deux informations : lieu de conservation et cote utilisée par le dépôt d'archive pour un microfilm par exemple). Bref, il s'agit de préciser que telle information se trouve dans tel document à tel endroit dans celui-ci, lequel document est un original ou une copie, original ou copie se trouvant dans tel dépôt d'archives sous telle cote...

Il s'agit donc de traduire par un document Xml cette structure.

Ce n'est bien évidemment qu'un modèle, mon but se limitant simplement à suggérer une structuration des informations liées aux sources et en particulier la distinction entre la nature du document avec son support , bien souvent confondus.

Cela étant dit, il faut bien évidemment avoir à l'esprit qu'une information donnée peut se trouver sur plusieurs supports (original, microfilms, archives numérisées) avec des cotes différentes, supports conservés dans plusieurs dépôts d'archives ; on peut également se retrouver avec avec plusieurs originaux conservés à des endroits différents (mairie et greffe du tribunal de Grande Instance pour un acte de naissance par exemple) ; il convient d'en tenir compte.

Un mécanisme de renvoi vers des enregistrements relatifs au dépositaire (Tag REPO) à l'instar de ce qui est fait en gedcom 5.5 peut être mis en place avec de surcroît la mention de la cote du document original ou de sa copie.

Pour prendre un exemple, le document peut être un acte de naissance, de baptême, un acte notarié quelconque , un témoignage...La plupart du temps, il s'agira d'un acte juridique.

Le support, un original papier le plus souvent mais pas uniquement (1)  , un microfilm, un site internet (qui devrait être traité comme un support numérique), une photocopie...

Le dépositaire peut être un dépôt d'archives, une bibliothèque, voire une personne physique si elle détient le document en question ou témoigne oralement...

On pourra, il est vrai hésiter quelquefois mais en définitive,  la majorité des cas peuvent être résolus simplement; ainsi  un passeport doit être traité comme un document sur support papier, donc un original ; une photo est un document sur support papier ou sur support numérique...

1) J'ai le cas d'un plumier confectionné par un de mes grand-oncles, prisonnier de guerre en Allemagne durant la Première Guerre Mondiale et où est mentionné, gravé dans le bois le nom du camp (Darmstadt en l'occurrence).

dimanche, juillet 19 2009

Les insuffisances du Gedcom 5.5 - La gestion des lieux

Nous avons déjà évoqué les insuffisances du Gedcom 5.5, prétendu standard censé permettre la portabilité des données généalogiques d'un logiciel à l'autre ; nous avons d'ailleurs fait remarquer que ces insuffisances pouvaient entraver le développement des logiciels.

Parmi ces insuffisances, la question de la gestion des lieux est particulièrement caractéristique.

En Gedcom 5.5, les lieux correspondant à chaque événement sont gérés à l'aide d'un seul Tag (balise) : PLAC

Pour un ancêtre français, nous avons par exemple  :

 0 @I1@ INDI
1 NAME Prenom1 Prenom2 /PATRONYME/
1 SEX M
1 BIRT
2 DATE 02 OCT 1806
2 PLAC LILLE,59000, Nord, FRANCE

Pour un belge, nous pourrions avoir :

0 @I1@ INDI
1 NAME Prenom1 Prenom2 /PATRONYME/
1 SEX F
1 BIRT
2 DATE 02 OCT 1806
2 PLAC BRUGGE, 8000, West-Vlaanderen, BELGIQUE

Bref, toute la hiérarchie des lieux est indiquée sous la forme d'une énumération simplement distinguée par une virgule et sans que l'on sache à quoi correspondent exactement les éléments de l'énumération.

59000 est-il un  code postal ou un autre code ? Par ailleurs, les sous-divisions correspondent à des intitulés différents, variables d'un pays à l'autre :  L'élément "Nord" correspond à un département en France tandis que l'élément "West-Vlaanderen"  correspond à une  une Province en Belgique.

En raison de la diversité des organisations constitutionnelles et administratives, il semble nécessaire de  concevoir un modèle spécifique pays par pays.

Mais en Xml, cela ne devrait pas être un problème particulier en raison précisément du caractère extensible de ce langage. Pour la France, nous pourrions avoir (ce n'est qu'un exemple...)

<lieu etat="France"
<commune>LILLE</commune>
<codePostal></codePostal>
<codeInsee></codeInsee>
<longitude> </longitude>
<latitude></latitude>
<departement> NORD</departement>
<pays> FRANCE </pays>
</lieu>

Sans compter que nous pourrions ajouter les codes postaux et les codes INSEE...Simplement en prévoyant la balise correspondante.

Pour la Belgique, pourrait prévoir d'autres balises adaptées à la hiérarchie administrative belge (entre <LIEU> et </LIEU>)

<lieu etat="Belgique>
<commune>SINT-ANDRIES</commune>
<codePostal></codePostal>
<codeIns></codeIns>
<longitude></longitude>
<latitude></latitude>
<entite>BRUGGE</entite>
<province>WEST-VLAANDEREN</province>
<region>VLAANDEREN</region>
<communaute></communaute>
<pays></pays>
</lieu>


Nous pourrions également prévoir des balises spécifiques permettant de faire apparaître le fait que Bruges s'écrit "BRUGES" en Français et "BRUGGE" en néerlandais (exemple <communeFrancais> BRUGES </communeFrancais> et <communeNeerlandais> BRUGGE</communeNeerlandais>).

 Dans les logiciels, en fonction du pays, nous pourrions prévoir des champs adaptés. Dans le champ pays, on pourrait avoir une liste déroulante et en fonction du choix opéré par l'utilisateur, on verrait les intitulés des champs s'adapter immédiatement.

Et grâce à ce système, pourquoi ne pourrait-on pas prévoir également une hiérarchie en fonction des dates, ce qui serait intéressant en généalogie ?

Ainsi, dans notre exemple, pour une personne née à Bruges (BRUGGE) en 1806, n'est-il pas  incongru d'énoncer le nom de la Province West-Vlaanderen (Flandre Occidentale) alors qu'en 1806 les provinces n'existaient pas et que Bruges alors  occupée par la France était le chef-lieu du Département de la Lys  ?

Dans le même ordre d'idées, ne pourrait-on pas adapter la dénomination des circonscriptions en fonction de la nature des actes ?

Par exemple, indiquer un code postal ou une circonscription administrative contemporaine n'a aucun sens s'agissant d'un acte émanant d'un registre paroissial d'Ancien Régime. Par contre, à propos d'un baptême par exemple, ne serait-il pas  opportun d'indiquer en priorité la paroisse et l'évêché concerné ?

vendredi, juin 12 2009

En marge de l'affaire Pierre Joseph Declercq - Le contexte historique

En 1809, à l'époque des  faits que nous avons évoqués, les territoires concernés étaient sous domination française ; ce n'est qu'en 1830 que naîtra la Belgique proprement dite telle que nous la connaissons aujourd'hui.

En 1792, après la bataille de Jemappes, les Pays-Bas autrichiens et la principauté de Liège furent envahis par les troupes républicaines françaises. L'année suivante, ces dernières  furent chassées par les Autrichiens, après avoir été défaites à Neerwinden. Mais, une nouvelle campagne militaire française repoussa définitivement l'armée autrichienne après la bataille de Fleurus.

La victoire remportée par le général Jourdan le 26 juin 1794 livra à la France le territoire correspondant aux anciens Pays-Bas méridionaux, de la Principauté de Liège, des terres de Bouillon, de Saint-Hubert et de Stavelot.

Lorsque Napoléon s'empara du pouvoir, la Belgique fut intégrée dans l'empire français ; l'Ancien Régime fut détruit en supprimant tous les privilèges et en uniformisant le droit.

Les territoires annexés furent soumis aux mêmes lois et institutions républicaines qu'en France ; le pays de Liège et les anciens Pays-Bas furent réunis puis répartis en neuf départements, eux-mêmes divisés en arrondissement et en cantons, qui furent dessinés sans tenir compte des anciennes frontières intérieures.

Le 4 vendémiaire de l'an III (11 octobre 1795), la Convention décida leur réunion à la France ce qui eut pour effet de les soumettre à la Constitution de l'an III qui instaura le régime du Directoire.

Cette situation fut en quelque sorte officialisée le 18 octobre 1797 par le traité de Campo-Formio où l'empereur François II renonça à sa souveraineté sur ces régions.

Dans un premier temps (1794-1799), la Belgique actuelle (le pays en tant que tel n'existe que depuis 1830) fut soumise à un régime d'occupation militaire.

Les révolutionnaires étaient alors en lutte contre l'ensemble de l'Europe. La zone fut littéralement pillée et le contenu des caisses publiques passa dans les caisses de l'armée.

La misère devint très grande et l'annexion officielle à la France le 1 octobre 1795 n'apporta aucun changement à cette situation.

Durant cette période, les catholiques furent persécutés : culte aboli, prêtres déportés, églises transformées en casernes ou en magasins en fourrage.

En Flandre, l'usage de la langue néerlandaise fut réprimé et les publications dans cette langue furent interdites.

Le gouvernement français instaura le service militaire obligatoire et  nombreux habitants  furent enrôlés, contre leur gré, dans les armées impériales. Ce fut une des causes principales de l'impopularité française. L'application de la loi Jourdan, provoqua d'ailleurs, dans les campagnes et dans quelques régions du Luxembourg, une insurrection qui est connue sous le nom de "Guerre des Paysans" (1798-1799).

Dans un second temps (1799-1814), après la prise du pouvoir par Napoléon , la conscription fut adoucie avec la pratique que tirage au sort et le remplacement. Par ailleurs, la signature du concordat mit fin à l'agitation religieuse et une certaine prospérité économique put réapparaître.

Mais la popularité de Bonaparte fut de courte durée, la conscription demeurant lourde et mal acceptée ; de ce fait, les déserteurs et les réfractaires se multiplièrent.

Si le blocus continental put au début  favoriser l'industrie locale en éliminant la concurrence anglaise, il finira par provoquer ensuite une crise économique qui ruina certains industriels, réduisant de nombreux ouvriers au chômage.

En  1815, la défaite de Waterloo mit définitivement fin au régime français.

samedi, avril 25 2009

Le procès de Pierre Joseph Declercq - Les jurés

Deux petites listes...

Si vous reconnaissez un de vos ancêtres, n'hésitez pas à me contacter !

"Extrait des registres aux Procès-Verbaux de tirages des jurés de séance tenu au Tribunal de Première instance du second arrondissement du Département de l'Escaut ou (?) en autres se trouve comme suit :"

"L'an 1809 le quinze mai, nous, directeur du Jury pour l'arrondissement d'Audenarde, Département de l'Escaut avons, en conformité de l'article 492 du code des délits et des peines procédé à la formation du tableau des jurés ordinaires d'accusation qui doivent être convoqués pour le trente et un du courant sur les dix heures du matin

"Extraits des registres aux procès-verbaux de séance des jurés tenu au tribunal de première instance de l'arrondissement d'Audenarde, Département de l'Escaut ou entre autres (?) se trouve comme suit : "

Antoine Feyrieck, orfèvre à Audenarde

Charles Audoorn, particulier, ibidem

Emmanuel Gevaert, négociant à Bevere

Jacques Van Brabant, cultivateur à Mooreghem

Jean Philippe Delplancken, cabaretier à Eename

Jean Baptiste Declercq, cultivateur à Etichove

Emmanuel Van der Donckt ex-greffier à hoorebeke ste corneille

Joseph de Temmerman à ibidem

de tout quoi nous avons dressé  le présent procès-verbal, date que dessus

"L'an 1809 le trente et un mai à dix heures du matin, les sieurs Antoine Fiereryck, orfèvre, Charles Audoorn, particulier, tous deux à Audenarde, Emmanuel Gevaert, négociant à Bevere, Jacques Van Brabant, cultivateur à Moorighem, Philippe Delplancken, cabaretier à Eename, Jean-Baptiste Declercq, cultivateur à Etichove, Emmanuel Vanderdonck ex greffier et Joseph de Temmerman, particuliers tous deux à Hoorebeke ste Corneille, composant le jury ordinaire d'accusation étant convoqué suivant le mode déterminé par le titre onze du code des délits et des peines, étant assemblés après avoir fait le serment exigé par la loi, le Directeur du jury leur a adressé en présence du magistrat de sûreté les paroles indiquées  dans l'article 230 du même code et chacun desdits jurés ayant individuellement répondu "je le promets" le Directeur du Jury leur a expliqué les fonctions qu'ils avaient à remplir et fait lecture de l'instruction reprise en l'article 237 du code susmentionné et après celle de l'acte d'accusation et des pièces y relatives à charge de Joseph Declercq agé de 59 ans scieur de long à Ellezelles Département de Jemmapes prévenu d'assassinat, ensuite les déclarations écrites des témoins, l'interrogatoire du prévenu et toutes les pièces à l'appui de l'acte d'accusation étant remises auxdits jurés, le Directeur du Jury et le magistrat de sûreté se sont retirés, les jurés étant restés et ayant délibéré entre eux, le sieur Emmanuel Gevaert comme plus âgé chef a remis au Directeur du Jury en présence de tous les jurés leur déclaration portant :"

"La déclaration du jury est : oui, il y a lieu"

Date que dessus

Voici la liste des jurés de jugement : Certains y trouveront peut-être l'un de leurs ancêtres...

"Extrait des registres des procès-verbaux du tirage des jurés de jugement en la Cour de Justice Criminelle du Département de l'Escaut, séante à Gand."

"L'an 1809, le premier juillet à onze heures du matin, en la Chambre du Conseil de la Cour de Justice Criminelle du Département de l'Escaut :"

"Le Président, ayant aux termes de l'article 503 du code des délits et des peines, invité le Maire de la ville de Gand et un de ses adjoints à être présents à la formation du tableau des jurés de jugement pour la session de ce mois, Messieurs Verheghen (ou verhaeghen) et De lichtervelde, adjoints au maire de gand se rendent à cet effet et promettent de garder le secret conformément à la loi."

"Le Président présente au Procureur-général-Impérial la liste des jurés qui lui a été adressée par le préfet de ce Département, le Procureur-général déclarant qu'il n'a pas de récusation à faire, le Président procède au tirage des Jurés sous la forme voulue par l'article 503 du code précité : Il en résulte que le sort désigne Messieurs :"

"1) Coutreras (?), rentier, te putte (?) à Gand

2) Louis Archie, particulier à Audenarde

3) Albert Geertruyen, rentier, à Hamme

4) Jean Bernard Mallerye, sacristain à Zouchaute

5) Dominique Vandamme, négociant à Lokeren

6) Charles Alexandre Journé, rentier à Renaix

7) Jean Baptiste Depraet, propriétaire à Quaremont

8) N van cutsem, particulier, à Moorsel

9) Léon vermandele, rentier à Deynse

10) Jean Verheye, particulier à Laudegem

11) Pierre Schelfhaut, négociant à St-Nicolas

12) Frédéric Lutens, négociant à Termonde

Et pour jurés adjoints :

13) Gilles Vandevyven, ex-percepteur à Zwyndrecht

14) Pierre de Clippel, praticien à Steenhuyse

15) Jacques Buyssens, ex-maire à Stekene"

Les prénoms et leurs variantes en Flandre - Lettre B (2)

Balthasar= Balthazar, balten

Baptiste = Baptista, tist

Barbara = Barbe, barbel, baerbele, baerbelkin, barbre, beijkin

Barnabé = Barnabas, baren

Barthélémy = Bartholomeus, barthel, bart, baart

Basile = Basilius, baselis, baeselikin, basilia

Baudouin = Boudewijn, balduinus, baldwin, baldewijn, baudes, boudewijn, bauwijn, booloy

Bavon = Bavo

Béatrice = Beatrix, beatrijs, baet, biettris, bilterijs

Benoit = Benedictus, dikt

Bernard = Bernardus, barend, barnart, bernaard

Bertrand = Bertram

Berthe = Bertha, berthole

Blaise = Blasius, blase

Blandine = Blandina

Boniface = Bonifacius, bon, boon

Brigitte = Brigitta, brecht

Brunehaut = Brunilde

Bruno= Bruin

samedi, avril 11 2009

Le procès de Pierre Joseph Declercq - Les dépositions des témoins (4)

Aujourd'hui, dernier volet de nos billets consacrés aux dépositions des témoins, et toujours en respectant les fautes telles qu'elles apparaissent dans le texte  :

Pierre Joseph Pourtois, agé de cinquante cinq ans horloger à Escornaix (Schorisse) n'est parent ni allié au prévenu et déclare que le jour prédit, il est revenu avec sa femme de Renaix, et arrivé entre les six à sept heures du soir au hameau schaffaen, ils ont rencontré un homme fort ivre qu'ils ont après entendu se nomme (sic)  Pierre Joseph Declercq qui conduisait un enfant du sexe masculin qui paraissait très faible sur ses jambes."

"Que cette homme jurait abominablement et qui, entre autres, disait "je voudrais que le tonnerre fut tombé dans la maison"."

"Lecture faite de sa déposition par translat, il a dit y persister et a signé."

Signature au bas de la déposition du témoin Pierre Joseph Pourtois

________________________________________________________________________________________________________________________________________

Régine Van Lancker agée de quarante trois ans, cultivatrice et épouse du témoin précédent déclare qu'au jour et heures prédites elle a rencontré au hameau Schaffaen, avec son mari, un homme qu'elle a entendu après se nommer Pierre Joseph Declercq qui jurait abominablement en disant entre autres : "Je voudrais que le tonnerre passa la ferme".

Qu'elle a remarqué que cet homme conduisait un enfant du sexe masculin lequel était tellement affaibli qu'à peine il pouvait marcher et marchait tout en chancelant".

"Lecture faite de sa déposition par translat. Elle a dit y persister et a signé."

Signature au bas de la déposition du témoin régine Van Lancker

_______________________________________________________________________________________________________________________________________

"Benoit Roos, agé de trente cinq ans, scieur de long à Ellezelles après serment par lui presté de dire la vérité déclare que le six mars dernier entre les sept et huit heures du soir, la mère du déposant qui est mariée au prévenu Pierre Joseph Declercq, est venue lui annoncer que son mari était revenu sans l'enfant Pierre Roos et invitait le déposant à aller le chercher."

"Que sur cette invitation, il est entré chez ledit Declercq qu'il a trouvé fort ivre."

"Que la mère du déposant lui ayant déclaré que sondit mari lui avait dit qu'il avait abandonné cet enfant dans la pâture dite "clemmewee" à cause qu'il ne pouvait plus le porter."

Photo de la campagne environnante prise à partir de la rue Cocambre à Ellezelles (Hainaut - Belgique)

"Il s'y est transporté de suite avec le fils du prévenu et y ont trouvé cet enfant par terre sans pouvoir proférer un seul mot."

"Que l'ayant ramassé, ils l'ont porté chez ledit Declerq où il est décédé le lendemain matin entre les dix et onze heures et déclare qu'il n'a pas remarqué que l'enfant avait seigné (sic) ou qu'il aurait eu des plaies ou  contusions et qu'il ne saurait dire comme ne l'ayant pas bien observé s'il y avait du sang aux habits du prévenu".

"Lecture faite de sa déposition par translat ; il a dit y persister et ne savoir écrire".

_________________________________________________________________________________________________________________________________________

Pierre De Termmerman, agé de vingt trois ans, cultivateur à Escornaix (Schorisse) après serment par lui prété (presté ?) de dire la vérité a déclaré que le six prédit vers les six heures et demi du soir, il a trouvé le prévenu avec l'enfant Pierre Roos dans la rue dite langestraete, que même cet enfant s'étant enfoncé dans la boue y perdait ses sabots que ledit Declercq les ayant trouvés les a mis aux pieds de l'enfant, l'a pris par le bras et s'est avancé vers Ellezelles.

Que le déposant a remarqué que cet enfant était fort chancellant (sic) et qu'il croit que c'était par l'effet de la boisson.

Lecture faite par translat de sa déposition, il a dit y persister et a dit ne savoir écrire.

________________________________________________________________________________________________________________________________________

Jeanne Catherine Bruyneel agée de trente trois ans boutiquière et veuve de Jean Baptiste Colpaert à Schorisse après serment par elle prêté de dire la vérité a déclaré ne savoir autre chose que d'avoir vu passer dans la rue dite Langestraete le prévenu avec l'enfant et qu'elle a remarqué qu'il était tellement chancelant que le prévenu le trainait par le bras qu'elle croit que cet enfant était ivre, que même elle en a fait des reproches au prévenu.

La langestraat à Schorisse (Maarkedal) vue de la Kaperijstraat (Flandre Orientale - Belgique)

Lecture faite de sa déposition par translat, elle a dit y persister et a dit ne savoir écrire.

samedi, avril 4 2009

Le procès de Pierre Joseph Declercq - Les dépositions des témoins (3)

Suite des dépositions des témoins au procès de Pierre Joseph Declercq :

"Marie catherine kint, agée de trente ans, fileuse, épouse d'Albert Callebaut à Escornaix, n'est parente ni alliée au prévenu, et déclare que le jour prédit, en revenant vers les sept heures du soir du hameau Boschgat à Escornaix et arrivée au champ nommé tigi audit escornaix, elle entendit qu'un homme jurait horriblement et qu'un enfant pleurait à faire pitié."

Vue panoramique de la campagne environnante à partir de la Bosgatstraat à Schorisse (Maarkedal en Flandre Orientale - Belgique

"Qu'arrivée sur le lieu d'où partaient les cris elle n'y trouvait plus personne mais qu'avancée de cinq à six pas elle entendit crier cet enfant et dire : "peetje je dis que je ne peux pas",  qu'avançant lentement son chemin et trop intimidée pour s'en approcher elle entendit que cet homme donnait continuellement des coups à cet enfant,  qu'à la fin enhardie par pitié pour cet enfant elle s'est rendue auprès de lui lorsqu'elle a vu que cet homme donnait des coups de baton (...?) "

"enfant qui ayant aperçu la déposante avançait son chemin en abandonnant cet enfant qu'elle a reconnu pour être du sexe masculin, que cet homme étant de suite retourné sur ses pas elle lui a demandé que faites-vous ici il a répondu c'est un diable d'enfant il ne veut ni avancer ni rétrograder son père est un mauvais sujet qui s'est engagé comme remplaçant je viens de l'amener de Maercke et il est aussi mauvais sujet que son père et il ne veut pas marcher, que la déposante lui ayant observé qu'apparemment cet enfant ne pouvait plus marcher elle l'a mis debout sur ses jambes lorsqu'elle a remarqué qu'il était tellement affaibli qu'il ne pouvait plus se tenir debout et partant incapable de marcher."

Liste des pièces à charge de Pierre Joseph Declerck

Qu'au même instant, l'enfant a prié la déposante de l'amener avec elle à quoi cet homme a répliqué qu'il devait aller avec lui à quoi elle a répondu " oui mon enfant allez avec votre peetje" /:  mot par lequel dans ce vilage (sic) on exprime le nom de grand-père:/ qu'ayant dit à cet homme de le porter dans ses bras il lui a répondu qu'il pouvait bien marcher, et que l'ayant pris par les cheveux il l'a rudement levé de terre  mais l'enfant ne pouvant plus tenir sur ses jambes il est de suite tombé lorsque la déposante l'a levé, elle le lui a remis dans ses bras en le priant de ne plus le maltraiter, à quoi il a répondu qu'il ne le maltraitait pas.

Que cet homme avançant ainsi son chemin elle a vu qu'il est tombé avec l'enfant par terre et que s'étant levé il a avancé son chemin en abandonnant de nouveau  ledit enfant, mais qu'à l'instant il est revenu sur ses pas en disant à soi-même : " je m'en vais chercher après pierre qui est le nom de l'enfant "

Que lui ayant demandé ce qu'il cherchait il lui répondait qu'il cherchait pour trouver pierre que la déposante lui a dit vous ne devez pas chercher : "il est à vos pieds, vous manquez de marcher dessus" ;  qu'alors elle lui a remis derechef l'enfant dans ses bras et qu'à cet instant, elle a remarqué que l'enfant seignait (sic) du nez.

Que cet homme s'avançant avec l'enfant vers Ellezelles et étant trop épouvantée de ce qu'elle venait de voir elle n'a plus oser y rester et s'est rendue en toute hâte vers sa demeure et que le lendemain, elle a entendu que cet enfant était décédé.

Photo de la campagne environnante prise de la rue Cocambre à Ellezelles (Hainaut - Belgique),, lieu du domicile de Pierre Joseph Declerck

Ensuite, nous avons fait voir à la déposante le nommé Pierre Joseph Declercq et après son retour à la chambre d'audience nous lui avons demandé si elle le reconnaît à quoi elle a répondu qu'oui et que c'est le même homme dont elle a parlé dans sa présente déposition.

Lecture faite par translat, elle a dit y persister et a dit ne savoir écrire.

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A suivre...

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